Le "Comme un naufrage" à "Avec ou sans toi" en passant par "Tant qu'il y a aura des femmes" et "Je t'oublierai", Fady le jeune poète-chanteur prodige n'a cessé d'épater le public. Aujourd'hui, 7 ans après ses débuts, il a réussi à s'imposer comme l'un des meilleurs compositeurs de son style musical. Pour notre magazine, Fady a accepté exclusivement d'enfreindre à sa règle d'or : le silence hors du podium. Lisez donc !
Peut-on savoir comment es-tu arrivé à la musique ?
Je crois que le talent est un acquis dès la naissance. Le talent ne se fabrique pas, ne s'apprend pas. Ce qui peut s'apprendre, c'est d'améliorer le talent qu'on a déjà. Je suis le premier artiste de ma famille depuis plusieurs générations. Très jeune, j'avais de la passion pour la musique. En 1985, étant DJ, je chantais avec des amis musiciens. Et c'est en 1990, sous la coupole de Marcellin Yacé et Alain Sawaya que je suis entré en studio pour enregistrer mon premier album "Comme un naufragé". Cette chanson a d'ailleurs été un tube en Côte d'Ivoire (plus de 28000 albums vendus en 3 mois).
Crois-tu avoir été vraiment adopté par le public ivoirien ?
Si mon premier album a connu un tel succès, c'est parce que les Ivoiriens ne m'ont pas considéré comme un chanteur différent des autres. J'ai passé toute ma vie en Côte d'Ivoire. Et aujourd'hui, après 7 ans de carrière musicale, avec tous les voyages que j'ai faits à l'occasion de mes concerts, je peux affirmer une chose : le pays où je me sens le plus chez moi, c'est la Côte d'Ivoire.
Quel bilan peux-tu déjà faire de ta carrière ?
J'ai commencé en Côte d'Ivoire et 7 ans plus tard, je suis "vendu" dans plusieurs pays d'Afrique sans oublier le Maroc, la Tunisie et le Liban. Aujourd'hui, je suis à mon cinquième album et à mon second "Best of" en CD. Je suis très satisfait de ma position car je préfère être une star en Afrique qu'un artiste inconnu en Europe.
Donc l'Europe ne t'intéresse pas ? Ou est-ce la peur de ne pas y être adopté ?
Je n'ai ni peur de l'Europe, ni de son public. Mais aujourd'hui, le talent ne suffit pas, pour un chanteur qui veut se lancer en Europe. Avant le talent, il faut une grosse boîte de production qui devra mettre des centaines de millions sur son poulain. S'il s'agit du public français, je crois l'avoir séduit à chacun de mes concerts à travers le monde.
Comment définis-tu ta musique ?
Ma musique ! C'est des paroles romantiques sur des mélodies sentimentales.
Est-ce que la musique te nourrit ?
La musique me nourrit depuis que je suis "vendu" de façon internationale. Et depuis 7 ans, grâce à la musique, j'ai réussi à monter plusieurs affaires qui me rapportent des fonds nécessaires pour élargir la promotion de mes uvres.
Ok ! Quels sont tes rapports avec Hassan Hassan ?
Hassan, c'est un collègue et un ami. Je l'ai même invité à venir faire la première partie de mon récent concert au Centre Culturel Français.
L'on raconte que les arabes sont agressifs. Qu'en penses-tu ?
Moi, je pense que la violence n'est pas liée à un peuple. Car on rencontre partout dans le monde que ce soit en Bosnie, en Algérie, au Rwanda, au Liban...
Dis-moi, es-tu marié ?
Marié ! Non je ne suis pas marié à la musique et mes chansons sont mes enfants.
Penses-tu au mariage ?
Heu ! Pas pour l'instant. Ce sera après ma carrière.
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Journal ROOTS-ROCK Magazine N°65 - 1997
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